Conférence Anne Brunswic Israël - Palestine : comment agir pour la paix

Israël – Palestine : comment agir pour la paix

Cette conférence s’inscrit dans le contexte de l’opération militaire israélienne lancée le 8 octobre 2023 qui inflige le martyre à 2,3 millions de Gazaouis. Anne Brunswic, journaliste et écrivain, autrice de « Bienvenue en Palestine, chroniques d’une saison à Ramallah » (ed. Babel), prix RFI Témoin du monde 2005. Issu d’un séjour de 4 mois en Cisjordanie, ce livre est un grand reportage sur la vie quotidienne des Palestiniennes et Palestiniens soumis à l’occupation militaire israélienne. Le conflit israélo-palestinien est un des plus anciens de l’époque contemporaine.

L’État d’Israël en 1948

La Palestine était une province sous mandat britannique, peuplée par des Arabes, des Chrétiens et des Druzes. En 1917, seulement 10 à 12% de la population est juive. La proportion de Juifs monte à 30% de la population en 1937. Cette population habite dans des kibboutz et est principalement originaire d’Europe, et particulièrement de l’Est. Après la Seconde Guerre mondiale, en 1947, les Anglais ne parviennent plus à gérer la situation, de plus en plus conflictuelle. Malgré la promesse de l’occupant de bloquer l’immigration, 250 000 personnes rejoignent le territoire. Finalement, les Anglais laissent l’ONU régler le conflit.

Le plan de partage de l’ONU du 29 novembre 1947 divise la Palestine entre un État juif et un État arabe. (Source : Le Monde Diplomatique)

Le sionisme

L’idée de base c’est celui du regroupement de tous les Juifs en Terre Sainte. Les sionistes tirent leur idéologie de l’évangélisme chrétien. Ce courant de pensée apparaît dans l’Europe orientale et centrale. Pour les populations des pays de l’Est, les Juifs n’ont aucune appartenance nationale (ni Polonais, Hongrois, etc.) Les Juifs choisissent comme langue l’hébreu et parlent le yiddish. Beaucoup de rabbins sont contre le sionisme. Certains Juifs développent alors l’idée d’un homme nouveau. C’est assez présent à l’époque, avec le passage d’un concept religieux à un concept politique. Le sionisme est un nationalisme laïc. Le sionisme est un élément important du conflit israélo-palestinien.

Le retour sur leur terre d’origine

En 1917, de nombreux Juifs européens arrivent en Palestine. Pour eux, ils ne sont pas des colons, mais ils récupèrent leur terre d’origine, après l’avoir quitté il y a plus de 2000 ans. Dans les faits, les Juifs qui s’installent se comportent comme des colons, en apportant avec eux l’idéologie coloniale européenne, c’est-à-dire que les Arabes sont considérés comme des inférieurs. En 1917, toujours, Arthur Balfour, alors Secrétaire d’État des Affaires étrangères britannique, envisage la création d’un foyer nationaliste juif, tout en précisant que le territoire des Arabes sera préservé.

La Palestine mandataire, à gauche, et la Transjordanie, elle aussi un protectorat britannique, à droite (source : Wikipédia)

Après la Première Guerre mondiale, les Juifs achètent des terrains, soutenus par des capitaux européens. En 1948, les Juifs sont propriétaires de 10 à 12% des territoires de la Palestine mandataire. Certains Juifs ne sont pourtant pas favorables à la création d’un Etat indépendant. Ce sont plutôt des populations politiquement à gauche, voir des communistes, favorables à une organisation sociale égalitaire. L’Histoire nous enseigne que ce ne sont pas eux qui ont gagné. C’est la ligne Ben Gourion qui domine la vie politique israélienne jusque dans les années 1970, avant l’arrivée au pouvoir de la droite.

La construction d’une identité palestinienne

En Palestine, les musulmans sont des sunnites. Ils n’aiment pas beaucoup les Druzes, alliés des Israéliens, car ils servent dans l’armée et souvent comme agents de renseignement. Yasser Arafat va aider la population à se construire une identité nationale, notamment lorsque les Palestiniens se retrouvent dans les camps de réfugiés en 1948. C’est une population qui vit dans les hauteurs, alors que les juifs sont installés dans les plaines, alors peu cultivées. Il s’agit donc d’une société rurale, propriétaire de grandes exploitations agricoles. En 1949, l’ONU adopte le plan de partition de la Palestinien. La guerre éclate immédiatement. C’est le début du conflit israélo-palestinien. 450 villages sont détruits et plus de 850 000 personnes sont réfugiés. Dès lors, pour beaucoup de Palestiniens, être palestinien c’est être réfugié.

Une cohabitation possible entre les deux peuples ?

Certains veulent un seul Etat, d’autres ne veulent pas coloniser les territoires occupés. L’objectif est de trouver un compromis. Seulement, le rapport de force est très favorable aux Israéliens. Il y a peu de chance que se déséquilibre s’arrête un jour. Pour les Palestiniens, ce qu’il reste, c’est la défense du droit international et le droit des populations victimes de l’occupation. C’est pour assurer cette protection que l’ONU va créer l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) en 1949.

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