Conférence Arnaud Le Marchand Le paysage social du travail éolien offshore : ancrage, circulation et saisons du travail

Le paysage social du travail éolien offshore

Les éoliennes en mer ne changent pas que le paysage côtier : elles changent aussi le paysage social. Leur installation et leur maintenance créent des emplois pour aider ces automates à extraire l’énergie du vent.

Arnaud Le Marchand, Maître de conférences Habilité à Diriger les Recherches en sociologie, Membre du laboratoire CNRS IDEES-Le Havre, Arnaud Le Marchand a réalisé ses premiers travaux dans le cadre des relations industrielles, au carrefour de l’économie et de la sociologie, dans les ports. La question des travailleurs en déplacements, terrestres et maritimes, utilisant parfois ou systématiquement l’habitat mobile, a été un prolongement de ces enquêtes.

Introduction

Les parcs éoliens offshore sont des usines automatisées de production de l’électricité. Aujourd’hui, l’éolien offshore n’est pas encore une énergie totalement durable. Il a besoin de transport qui utilise le pétrole. De même, certains transport ce font par hélicoptère. Le travail associé est principalement un travail de maintenance, dont les bases ont un impact significatif sur l’emploi dans la ville. Le chantier de Fécamp a duré 20 mois et a employé environ 1000 personnes. Néanmoins, la plupart des ouvriers viennent de l’extérieur du bassin d’emplois fécampois, d’autres régions françaises, mais aussi du Brésil, de Pologne, de Roumanie ou encore du Portugal.

Un travail saisonnier et parfois dangereux

L’étude du paysage social du travail éolien offshore repose sur celle des flux de travailleurs. A Fécamp, près de 1970 navettes ont été effectuées par l’entreprise TSM (Thomas Service Marine) entre janvier et mai 2023. Aucune statistiques fiables n’est faite concernant les ouvriers.

Le transport des personnels dépend beaucoup des conditions météorologiques. Le travail est saisonnier, plus fréquent en été qu’en hiver. En fonction de leur nationalité, les travailleurs ne sont pas soumis aux conditions de travail. Par exemple, pour les Danois, les heures non travaillées, à cause des conditions météos, ne sont pas payées. Par contre, pour les Français, elles sont payées. Les Anglais, quant à eux, sont encore plus précaires, car il n’y a pas de contrat de travail protecteur comme en France. Malgré tout, des syndicats ce sont constitués, avec la présence notamment de la CGT.

Sur terre, dans les centres de maintenance, le travail s’effectue en continue, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Des arrêts pour maintenance du centre sont possibles. Du fait de la tri annualisation, les heures supplémentaires ne sont pas payées.

Des incertitudes existent concernant la santé au travail dans l’éolien offshore, du fait de la difficulté à recenser de façon exhaustive le nombre des travailleurs. Le bois de balsa, utilisé dans les éoliennes, est très léger. L’impact des poussières émises par ce bois pourraient être dangereuses, mais il n’y a pas assez de recul pour le savoir avec certitude aujourd’hui.

La plupart des professions ne sont pas qualifiées. Les boulonneurs effectuent un travail physique. Les cordistes, également, doivent avoir une vraie hygiène de vie, identique à celle de sportifs de haut niveau. Les règles de sécurité ne seraient pas toujours respectées par les entreprises.

Le keynésianisme vert

L’objectif est de relancer des investissements dans les énergies durables pour récréer une dynamique économique et créer de l’emploi. C’est un monde social qui n’est pas encore tout à fait stabilisé. L’idée est que l’investissement dans les technologies et infrastructures vertes peut créer des emplois et stimuler la croissance économique, tout en réduisant les émissions de carbone et en favorisant le développement durable. Aujourd’hui, l’exigence de rentabilité arrive à grand pas dans le domaine de l’éolien offshore.

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