Le Yoga racinaire (et ramifié) - Sylvie Claret

À la découverte du Yoga Racinaire

Le 6 mars 2025, à la Maison des Jeunes et de la Culture, Sylvie Claret a invité un public curieux à une immersion dans le Yoga Racinaire, une approche holistique qui puise ses fondements dans la tradition millénaire du Yoga Sūtra (IVe siècle av. J.-C.). Forte de 25 ans de pratique, l’animatrice a su guider l’auditoire au-delà du simple enchaînement postural pour révéler la richesse philosophique, spirituelle et énergétique du yoga, placé sous le signe de l’union et de la libération.

L’union corps‑esprit‑âme et le lâcher‑prise

Dans son propos, Sylvie Claret a d’abord insisté sur la racine étymologique du mot « yoga » : « union ». Cette quête d’union permanente entre le corps, l’esprit et l’âme se manifeste par le lâcher‑prise, un terme certes galvaudé mais ô combien essentiel. Loin d’être un simple exercice de détente, le lâcher‑prise devient un art de vivre, un cheminement pour se détacher de nos pensées routinières et de nos conditionnements, afin de goûter à cette connexion subtile entre toutes les dimensions de l’être.

Métaphores hindouistes au service de la compréhension

Pour illustrer la portée universelle du Yoga Racinaire, Sylvie Claret a puisé dans plusieurs métaphores classiques de la tradition hindouiste. Elle a évoqué le Bhāgavata‑Gītā, ce grand poème philosophique où le guerrier Arjuna, perdu sur son champ de bataille intérieur, se tourne vers Krishna afin de retrouver clarté et sérénité. Cette image symbolise le dilemme humain universel et la possibilité d’accéder, via le yoga, à une forme d’éveil permettant de dépasser le conflit intérieur.

Les divinités Brahmā, Vishṇu et Śiva sont ensuite apparues comme autant d’avatars symbolisant les forces créatrices, conservatrices et destructrices à l’œuvre dans l’univers, et par analogie, dans notre existence. Sylvie Claret a souligné que ces figures, loin de se cantonner à des archétypes figés, se manifestent sans cesse sous des formes nouvelles, reflétant la nature changeante de la réalité et la plasticité de notre conscience.

Métaphore de l’arbre : racines terrestres et célestes

La « métaphore de l’arbre » a ensuite été déployée pour éclairer la notion de racines du yoga : « Les racines ne sont pas que terrestres, mais elles sont aussi dans le ciel. » Cette image puissante invite à comprendre que le Yoga Racinaire ne se limite pas à l’ancrage physique ou à la dimension matérielle ; il projette également nos aspirations vers des sphères spirituelles élevées, tout en nous maintenant solidement enracinés dans le réel.

Karma Yoga : la voie de l’action désintéressée

Parmi les trois grands chemins du yoga abordés, le Karma Yoga, ou voie de l’action, a particulièrement retenu l’attention. Sylvie Claret l’a défini non pas comme un sacrifice violent, mais comme un renoncement désintéressé aux fruits de nos actions. Agir sans attente de récompense, dans un esprit de service et de détachement, permet de purifier le mental et de progresser vers la libération des réincarnations, objectif ultime du yoga selon la tradition. Cette libération, ou mokṣa, consiste à briser le cycle sans fin des renaissances et à goûter à l’état de félicité absolue.

Prāṇa et respiration : le souffle vital

La conférence ne pouvait éluder la pratique respiratoire, cœur énergétique du Yoga Racinaire. Sylvie Claret a distingué la respiration mécanique, finie et semi‑volontaire, de la dimension infinie du prāṇa, souffle vital qui circule en nous. Elle a expliqué que prāṇa n’est pas l’air lui‑même, mais la substance subtile qu’il véhicule. Cultiver la conscience du prāṇa, en dépassant le réflexe de la simple inspiration‑expiration, ouvre à une dimension vibratoire puissante, source de vitalité et de transformation intérieure.

Principes éthiques : yamas et niyamas

Pour parfaire cet aperçu, Sylvie Claret a rappelé l’importance des principes éthiques issus des yamas et niyamas : ahimsā (non‑violence), satya (vérité), asteya (absence de vol), etc. Ces pratiques morales constituent la base indispensable pour aborder les postures (āsanas) et les techniques de respiration (prāṇāyāma) dans un esprit de respect et d’harmonie.

En définitive, la conférence sur le Yoga Racinaire a offert un panorama riche et nuancé, plaçant le yoga au carrefour de la philosophie, de la spiritualité et de l’action au quotidien. Sylvie Claret a su rappeler que le yoga ne se réduit pas à une simple gymnastique corporelle, mais s’adresse à l’être tout entier, en quête d’union, de vérité et de libération. Cette approche racinaire, ancrée dans la terre tout autant que dans le ciel, invite chacun à explorer ses propres fondations intérieures pour vivre plus pleinement et plus librement.

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