Conférence Les fonds marins ont une histoire Romain Grancher

Les fonds marins ont une histoire

À l’occasion de la parution de Romain Grancher & Solène Rivoal (dir.), Dernière frontière : une histoire environnementale du fond de la mer, Seyssel, Champ Vallon, 2025.

On dit souvent qu’on connaît moins bien les fonds marins que les différentes faces de la lune, mais que sait-on de leur histoire ? Comment ont-ils été découverts, explorés, exploités, appropriés et transformés au cours des siècles passés ? Alors que la pollution plastique touche désormais les fosses abyssales, que les projets d’extraction minière profonde se multiplient et que vient de se clore à Nice une Conférence décisive des Nations Unies sur le devenir de l’océan, cet ambitieux ouvrage collectif croise histoire, sociologie, anthropologie et droit pour tenter de restituer aux environnements sous-marins un peu de leur profondeur historique. De la pêche des huîtres perlières dans les Caraïbes du XVIe siècle aux habitats sous-marins destinés à abriter l’homo aquaticus au temps de la Guerre froide, en passant par la colonisation verticale du Maghreb à la fin du XIXe siècle, ces études apportent un éclairage inédit sur les interactions de longue durée entre les sociétés humaines et les fonds marins.

Date
22 Déc 2025
Expiré!
Heure
19h00 - 21h00
Lieu
Maison du Port
254 avenue Jean Lorrain 76400 Fécamp
Catégorie

Intervenant

  • Romain Grancher
    Romain Grancher

    Chargé de recherche au CNRS (laboratoire FRAMESPA), Romain Grancher est un historien du monde de la mer.
    Menées essentiellement depuis des territoires côtiers, ses recherches actuelles portent sur le gouvernement des ressources naturelles en France et en Europe à l’échelle d’une longue période préindustrielle (XVIIe-XIXe siècle). Elles s’inscrivent à la croisée de l’histoire environnementale, de l’histoire des savoirs et de l’histoire du droit. Partant des concepts anciens retrouvés à la lecture des documents, elles visent non seulement à historiciser ce que « conserver » ou « ménager » la nature pouvait vouloir dire pour les acteurs et les actrices du passé, mais également à arrimer l’analyse de ce vocabulaire historique à une approche matérielle et pragmatique, centrée sur les savoirs, les instruments et les institutions du gouvernement des ressources.

    Il s’intéresse par ailleurs à la place de la mer dans l’historiographie, ainsi qu’aux champs de recherche qui se donnent la mer pour objet ou pour terrain. La perspective est critique : il s’agit de rompre avec le « grand partage » entre la terre et la mer qui continue de configurer largement l’histoire et les sciences sociales au profit d’une approche plus « terraquée », centrée sur les continuités, les circulations et les symétries entre environnements marins et environnements terrestres.

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