Le paysage social du travail éolien offshore : ancrage, circulation et saisons du travail
Les éoliennes en mer ne changent pas que le paysage côtier : elles changent aussi le paysage social.
Leur installation et leur maintenance créent des emplois pour aider ces automates à extraire l’énergie du vent.
Ces emplois sont à la fois locaux, et globaux. Il y a des travailleurs sur place en mer ou dans les usines à terre et des salariés qui circulent au moins à l’échelle européenne, parfois en étant partis des littoraux normands ou bretons.
Ces salariés arrivent sur site en bateau ou par hélicoptère, dans une logistique discrète mais lourde. Les usines de pales d’éoliennes sont elles aussi plus décalées qu’on ne le croit : certes elles arrivent dans un contexte industriel déjà très transformé depuis le début du xxi siècle, mais elles posent de nouveaux enjeux pour la négociation collective et créent de nouveaux collectifs de travail.
Si ces usines fonctionnent idéalement 24h/ 24 et 7 jours sur 7, elles connaissent des intermittences et des arrêts, tandis qu’en mer la saisonnalité et la dépendance aux conditions climatiques sont incontournables.
La filière éolienne offshore à des temps et des accords sur les temps, qui la font ressembler à un patchwork de règles. Elle participe d’un retour des rythmes saisonniers dans le travail, qui peut être intensifié par le changement climatique.
Une publication en lien avec le sujet de la conférence, datant de 2022 : Que se passe-t-il quand l’effondrement a déjà commencé ? L’éolien offshore, une construction industrielle et inspirée
Intervenant
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Arnaud Le MarchandMaître de conférences Habilité à Diriger les Recherches en sociologie, Membre du laboratoire CNRS IDEES-Le Havre, Arnaud Le Marchand a réalisé ses premiers travaux dans le cadre des relations industrielles, au carrefour de l’économie et de la sociologie, dans les ports. La question des travailleurs en déplacements, terrestres et maritimes, utilisant parfois ou systématiquement l’habitat mobile, a été un prolongement de ces enquêtes.
Il collabore à la revue Multitudes, est membre de l’Équipe Éditoriale du réseau scientifique TERRA, du réseau Forum vies mobiles et participe à des contrats de recherche notamment EolenMer avec l’ADEME ; ses recherches portent sur la socioéconomie du travail et l’économie urbaine dans la mondialisation, ainsi que sur l’économie portuaire.