Conférence Aurélien Coucke Trans-identités, les comprendre, les respecter

Transidentités, les comprendre, les respecter

Nous vous proposons ici un résumé généré par IA de la conférence de Aurélien Coucke, donnée le 8 décembre 2023 à la MJC de Fécamp et durant laquelle nous avons pu explorer ce qu’est la transidentité, ce que signifie être une personne transgenre, les défis auxquels les personnes transgenres sont confrontées et comment nous pouvons soutenir et respecter leurs droits.

(Vous retrouverez le support du conférencier en téléchargement libre en fin d’article. Merci à lui 🙏)

Qu’est-ce que la transidentité ?

La transidentité concerne des personnes qui ne s’identifient pas avec le sexe qui leur a été attribué à la naissance. Cela peut prendre la forme d’une affirmation de genre, où une personne assignée homme à la naissance peut s’identifier en tant que femme, et vice versa. Il existe également des personnes non binaires, qui ne se définissent ni strictement homme ni strictement femme.

L’identité de genre est déterminée par l’auto-détermination, reflétant la façon dont une personne se perçoit. Elle n’est pas liée au comportement, à l’apparence, au corps, aux goûts ou à l’orientation sexuelle. Être transgenre ne nécessite aucune démarche médicale, administrative ou sociale, et aucune démarche n’est obligatoire.

Il est important de souligner que l’identité de genre n’est pas liée à la sexualité, et la transidentité n’est ni une maladie ni un trouble mental. Le terme « transexuel.le » est à éviter, étant historiquement psychiatrisant. En 2018, l’OMS a retiré la transidentité de la classification médicale des maladies psychiatriques.

Pour décrire les personnes non transgenres, on utilise le terme « cisgenre » pour ceux qui s’identifient avec le genre qui leur a été attribué à la naissance. Cela permet de reconnaître les deux réalités de manière respectueuse, évitant toute connotation de normalité.

Les personnes trans ne changent pas nécessairement de sexe, et le processus n’implique pas forcément une opération de réassignation génitale. En réalité, elles affirment simplement leur genre réel en faisant leur coming out, sans que cela représente un changement pour elles-mêmes. Ainsi, on parle plutôt d' »affirmation de genre » que de « changement de genre ». L’identité de genre demeure indépendante de l’état physique ou des démarches administratives, en accord avec le principe d’autodétermination.

La norme sociale de genre

La société tend à associer les organes génitaux à des normes strictes de développement, identité de genre, orientation sexuelle, apparence et comportement. Cette norme sociale de genre affecte non seulement les personnes transgenres mais aussi celles qui ne correspondent pas totalement à ces normes. Le sigle LGBTQIA+ englobe toutes les personnes hors de cette norme, souvent exposées à des discriminations.

Dès la naissance, un genre est assigné à un individu, influençant son développement, son identité et son éducation. Cependant, cette assignation binaire ne tient pas compte de la diversité des identités de genre. Certaines sociétés utilisent des systèmes de catégorisation plus flexibles.

Les individus subissent des réassignations de genre tout au long de leur vie, basées sur des signes sociaux tels que le langage ou l’apparence. Cela contribue au cissexisme, où les identités trans sont invisibilisées et discréditées en raison de leur non-conformité à la norme corps/identité.

L’expression de genre, reflétée par le langage, les vêtements, l’attitude, etc., ne permet pas de déduire l’identité de genre d’une personne. Il est essentiel de reconnaître que l’identité de genre est propre à chaque individu et ne dépend pas de l’assignation ou de la conformité à la norme sociale.

En résumé, la compréhension de la transidentité nécessite une remise en question des normes sociales rigides liées au genre, reconnaissant la diversité des identités et des expressions de genre.

Dysphorie de Genre

La dysphorie de genre se réfère au sentiment de malaise qu’une personne trans peut ressentir en raison de son corps (dysphorie physique), de la manière dont elle est perçue socialement (dysphorie sociale), ou de ses pensées et comportements (dysphorie psychologique). Ce malaise résulte de l’intériorisation de stéréotypes de genre, créant un sentiment d’illégitimité par rapport à la norme sociale. Il est important de noter que toutes les personnes trans ne ressentent pas nécessairement de dysphorie.

Bien que le terme soit utilisé pour décrire le mal-être lié à la non-conformité aux attentes sociales liées au genre, il est controversé en raison de son utilisation antérieure comme diagnostic psychiatrique dans le DSM aux États-Unis. Il a été retiré en 2012, reconnaissant que la dysphorie de genre n’est pas un trouble mental, mais plutôt une souffrance causée par la pression constante de la norme sociale du genre.

La Transition de Genre

La transition désigne tous les actes visant à affirmer socialement ou pour soi son identité de genre. Une transition de genre peut être sociale (demander à être appelé.e par un nouveau prénom ou de pronoms, changer de vêtements, comportements…), administrative, médicale (hormones, opérations…). Il n’y a aucune étape obligatoire. Chaque personne choisit de faire les démarches qui lui conviennent.

Le mégenrage, deadname, transphobie

Le mégenrage se produit lorsqu’on appelle une personne par des marqueurs de genre différents de ceux avec lesquels elle s’identifie. C’est une forme de non-respect de l’identité de genre de la personne.

Le deadname, ou morinom en français, fait référence au prénom de naissance ou au prénom d’assignation d’une personne trans. Utiliser ou demander le deadname est considéré comme violent, car cela ramène la personne à une identité qui ne lui correspond pas et qui lui a été imposée.

La transphobie englobe tout acte volontaire ou involontaire de violence envers une personne en raison de sa transidentité. Cela peut prendre différentes formes, telles que des violences physiques, verbales, psychologiques, symboliques, du harcèlement, de la discrimination, de l’invisibilisation ou de la fétichisation. Ces manifestations de transphobie seront abordées plus en détail dans le contexte des droits des personnes transgenres.

La Sensibilisation et le Respect

Pour lutter contre la transphobie au quotidien, voici quelques conseils pratiques :

  1. Respectez l’identité des personnes en évitant le mégenrage. En utilisant le bon prénom et les bons pronoms, vous montrez votre respect envers leur identité de genre, qu’ils soient homme, femme ou personne non binaire.
  2. Ne supposez jamais les pronoms ou les civilités en fonction de l’apparence ou du comportement. Évitez d’utiliser « madame » ou « monsieur » basé sur des préjugés. S’il y a erreur, excusez-vous immédiatement sans ignorer le malentendu.
  3. Ne révélez pas la transidentité d’une personne à des tiers sans son consentement (outing). Respectez sa vie privée et demandez-lui comment elle souhaite être mentionnée aux autres, si elle fait son coming out.
  4. Évitez tout commentaire sur l’apparence, même avec de bonnes intentions. Les phrases comme « ça ne se voit pas que tu es trans » peuvent être offensantes. Évitez de juger l’apparence de quelqu’un, car cela ne définit pas son identité.
  5. Ne posez pas de questions intrusives sur les organes génitaux, respectez la vie privée de la personne.
  6. Soyez ouvert et informé sur le sujet pour créer un environnement où les personnes trans se sentent en sécurité. Changez vos habitudes linguistiques en évitant de supposer que toutes les personnes sont cisgenres. Utilisez des salutations neutres comme « bonjour » au lieu de « bonjour monsieur/madame ». Reconnaître que l’identité de genre réside dans la personne, pas dans ses organes génitaux.

En adoptant ces attitudes et en ajustant votre langage, vous contribuez à combattre la transphobie au quotidien.

Les Droits des Personnes Transgenres

Les droits des personnes transgenres en France ont progressé au fil des années, visant à reconnaître et à protéger leur identité de genre tout en combattant la discrimination. Voici quelques-uns des droits et protections en place :

  1. Changement de Nom et de Genre sur les Documents d’Identité : Depuis la loi de modernisation de la justice de novembre 2016, les adultes peuvent demander le changement de prénom et de mention de sexe sur leur acte de naissance sans fournir de preuves médicales. Les mineurs, avec le consentement de leurs parents ou représentant légal, peuvent également effectuer ces changements depuis la loi de décembre 2018.
  2. Accès aux Soins Médicaux : Les soins de transition, tels que la thérapie hormonale et la chirurgie de réassignation sexuelle, sont pris en charge par l’Assurance Maladie en France. Un suivi médical adapté est également disponible pour les personnes transgenres.
  3. Protection contre la Discrimination : La France a mis en place des lois interdisant la discrimination basée sur l’identité de genre et l’expression de genre. Cela protège les personnes transgenres contre la discrimination au travail, dans le logement, et dans d’autres aspects de la vie quotidienne.
  4. Prise en Compte de l’Identité de Genre en Prison : Les personnes transgenres détenues ont le droit d’être placées dans une prison correspondant à leur identité de genre.
  5. Soutien Médical et Psychologique : Des équipes médicales et psychologiques spécialisées dans les questions de genre sont disponibles pour soutenir les personnes transgenres tout au long de leur processus de transition et de soins.

L’histoire

À travers l’histoire, de nombreuses preuves attestent de la non-conformité de genre. Des récits anciens évoquent des prêtres, comme les gala et galli, qui transcendaient les frontières du genre dans leur culte en Sumer, Akkad, Grèce et Rome. D’autres cultures reconnaissaient un 3e genre, tel que les Hijra en Asie du Sud et les bispirituels chez les autochtones d’Amérique.

Certains individus historiques remettaient en question la binarité du genre, comme l’empereur romain Elagabal et le chevalier D’éon, l’un des premiers transgenres. Henriette-Jenny Savalette de Lange et Albert Cashier sont d’autres exemples historiques de personnes transgenres.

En Asie du Sud, les Hijra représentaient un 3e genre non binaire dès les années 1860. Au début du 20e siècle, les avancées médicales ont permis l’hormonothérapie et la chirurgie de réattribution sexuelle, marquant un tournant dans la vie des personnes transgenres.

Les années 1950 et 1960 ont été marquées par des événements tels que les opérations médicales de Christine Jorgensen en 1952 et les émeutes de Cooper Do-nuts en 1959, où la police ciblait les femmes trans. En 1966, les drag queens de San Francisco se sont soulevées au Compton’s Cafeteria, créant le magazine Transvestia en 1967.

En 1969, Marsha P. Johnson et Sylvia Rivera ont participé aux émeutes de Stonewall, tandis que 1973 a vu Sylvia Rivera forcer son discours à la Pride. Le terme « transgenre » a été inventé dans les années 80, devenant courant dans les années 90 avec l’essor du mouvement des fiertés transgenres.

En 1999, Monica Helms a créé le drapeau de la fierté transgenre, symbolisant l’assignation de genre avec des bandes bleues et roses, et une bande blanche pour les personnes intersexuées, en transition ou non binaires. Ces événements et figures historiques montrent que l’histoire de la transidentité est vaste et joyeuse.

Conclusion

En conclusion, la prévalence de la transphobie est due à un manque d’information. L’éducation et la sensibilisation sont essentielles pour favoriser l’inclusion et le respect. En collaborant, nous pouvons considérablement réduire, voire éliminer, le rejet, la haine et la violence envers les personnes LGBTQIA+. Pour clôturer cette conférence sur les transidentités, rappelons les mots d’Audre Lorde : « Ce n’est pas notre différence qui nous divise, c’est notre incapacité à accepter et à célébrer cette différence. » En embrassant la diversité des identités de genre, nous contribuons à construire un monde plus inclusif où chacun peut s’épanouir pleinement.

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