Conférence Ana Ribeiro Pédopsychiatrie

Pédopsychiatrie : en fait-on assez pour la santé mentale des plus jeunes ?

La conférencière, Ana Jorge Ribeiro, est infirmière en pratique avancée en psychiatrie santé mentale au Centre Hospitalier de Dinan/Saint-Brieuc, Fondation Saint-Jean-de-Dieu, diplômée de l’université de Bretagne Occidentale à Brest en janvier 2022. Elle travaille en pédopsychiatrie depuis 2018, après avoir travaillé en addictologie pendant 8 et demi. Dans cette conférence, donnée le 12 octobre 2024 à la Maison du Port, elle a dressé un état des lieux de la pratique de la psychiatrie chez les moins de 18 ans et de l’univers de la santé mentale.

Qu’est-ce qu’une infirmière en pratique avancée en psychiatrie ?

Le rôle d’une infirmière en pratique avancée (IPA) est de suivre le parcours de l’enfant ou de l’adolescent, ses relations avec les autres structures médico-sociales ou le médecin traitant. C’est aussi de recevoir les patients pour leur première consultation. L’infirmière peut également renouveler les traitements ou prescrire des examens complémentaires. Enfin, elle reçoit les jeunes après une admission aux urgences.

La consultation en pédopsychiatrie peut se dérouler dans un Centre Médico-Psychologiuqe et l’Enfant et de l’Adolescent (CMPEA), dans un hôpital de jour, dans Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel (CATTP), à domicile grâce à une équipe mobile, ou encore dans une unité d’hospitalisation à temps plein pour adolescents situé à Saint-Brieuc.

Les principales pathologies

Les principales pathologies sont les troubles du neuro-développement (ou troubles moteurs), les troubles du spectre autistique, les troubles du développement intellectuel ou encore les troubles spécifiques de l’apprentissage.

D’autres troubles peuvent êtres diagnostiqués, comme les troubles de l’adaptation, des états de stress post traumatique (cauchemar, revoir en boucle une scène traumatisante…), des troubles anxieux, des troubles liés à l’usage de substances toxiques, des troubles dépressifs ou encore des troubles des conduites alimentaires. Il y a également des cas de schizophrénie ou de bipolarité. Il existe aussi ce que Ana appelle un « état limite », c’est-à-dire une très grande instabilité au niveau des émotions, avec parfois une mise en danger d’autrui et/ou des tentatives de suicide.

Enfin, l’addiction aux écrans prend de plus en plus de place dans la vie de tous les jours et a un impact souvent négatif sur la santé mentale des enfants et des adolescents.

L’accueil des patients

Ana explique que la demande de consultation émane souvent du courrier d’un médecin généraliste. Il convient de respecter les étapes de développement de l’enfant et de l’adolescent. Ainsi, il est nécessaire que la structure soit équipée en jouets, en jeux ou en livres. Il s’agit de faire preuve de patience, de créativité et de souplesse.

L’infirmière va réaliser une anamnèse complète, c’est-à-dire qu’elle cherche à comprendre l’histoire de vie de l’enfant. Parfois, le jeune patient ne sait pas pourquoi il vient, même s’il a souvent conscience que quelque chose ne va pas. L’infirmière va aussi lister les professionnels qui ont été consulté.

L’objectif va être d’établir un contact avec l’enfant ou l’adolescent, en parlant notamment de la vie quotidienne. « En effet, il y a ce que l’on voit et il y a ce que l’on ne voit pas, explique Ana, comme la tristesse, une perte de l’estime de soi ou encore un sentiment d’isolement« . D’autres signes peuvent alerter, comme la baisse des résultats scolaires, des troubles du sommeil, une agressivité ou encore une consommation trop importante des écrans.

Des outils complémentaires existent pour accompagner les patients, comme des groupes thérapeutiques avec médiation, l’hypnose (réalisée par un médecin spécialement formé) ou encore la thérapie familiale. Les traitements médicamenteux ne seront jamais données en première ligne, sauf urgence absolue. Ana conseille d’ailleurs aux parents de toujours ranger les médicaments dans une armoire fermée à clef.

Que faire si ça va mal ?

Un enfant ou un adolescent qui va mal, ça ne se voit pas toujours, car il ne va pas forcément en parler aux adultes. Il faut d’ailleurs faire attention, car un adolescent peut très vite faire preuve d’impulsivité. Dès que le patient exprime un mal-être, il est important de le prendre très vie aux sérieux.

Pour éviter un geste désespéré, le praticien peut utiliser l’échelle RUD (Risque Urgence Dangerosité), qui permet d’évaluer rapidement le niveau de risque suicidaire et de passage à l’acte.

Retrouvez ci-joint la présentation de Ana Jorge Ribeiro

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Une réponse

  1. Désolée, surtout pour moi, de ne pas avoir assisté à cette conférence sur un enjeu crucial de notre société …

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